Quand la France périphérique s’éveillera, la gauche gagnera

https://www.lemonde.fr/idees/article/2017/02/06/quand-la-france-peripherique-s-eveillera-la-gauche-gagnera_5075463_3232.html

Par Nicolas Brien, Habiba Bigdade, Maud Clavequin et Marc-Henri Duvernet, candidats aux législatives.

Il existe une France qui ne s’intéresse pas aux primaires des partis politiques. Les partis politiques le lui rendent bien, et s’intéressent de moins en moins à elle.

Cette France se trouve de l’autre côté des périphériques, loin des transports en commun, loin des CDI, loin des métropoles. Cette France des banlieues, des territoires périurbains et ruraux est majoritaire sociologiquement mais minoritaire politiquement. Autrefois, on l’appelait la « France populaire », aujourd’hui on l’appelle la « France périphérique ».

Ainsi, un parisien sur dix a voté au premier tour de la primaire de gauche, tandis qu’au niveau national, on atteint 3,5 %. De façon symétrique, à la primaire de droite, les Hauts-de-Seine se sont trois fois plus mobilisés que le Pas-de-Calais. Une fois les primaires passées, la « France périphérique » redeviendra centrale, le temps de la campagne présidentielle. Avec un taux de participation de plus de 80 %, c’est la seule élection où les catégories populaires s’expriment et jouent un rôle déterminant.

Ségrégation socialeJeunes responsables politiques de gauche, issus de la France périphérique, nous voulons la remettre au cœur du débat présidentiel, car cette France glisse doucement à l’écart du regard de la République.

Dans nos territoires, depuis la crise de 2008, la puissance publique n’a plus réellement de moyens pour lutter contre les mécanismes de ségrégation sociale. Alors que les « déserts » ferroviaires, médicaux, sociaux s’étendent, le mot « fonctionnaire » n’a quasiment pas été prononcé dans les débats des primaires de la gauche. Soumis à la révision générale des politiques publiques (RGPP) et au gel du point d’indice, menacés dans leur existence même par la droite thatchérienne, placés en première ligne des tensions sociales, les infirmières, les pompiers, les gendarmes, les enseignants…

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